lundi 6 avril 2015

Petit éloge de la gentillesse



«Gentil n'a qu'un oeil.» L'expression populaire est sans équivoque. Selon elle, le gentil ne verrait pas les événements tels qu'ils sont. A la différence de celui qui louche, il ne verrait pas double mais... à-moitié. Sa vision monoculaire le handicaperait dans la vie de tous les jours. D'un démarcheur se présentant sur le seuil de sa porte pour lui proposer un contrat d'assurance vie, le gentil ne percevrait que l'apparence bonhomme. La complexité du monde, les six faces des choses et le double visage des personnes lui échapperaient donc.

Pourtant, la gentillesse a connu son heure de gloire ! Comment ce qui signifiait noblesse et désignait l'attitude du gentilhomme a-t-il pu devenir faiblesse et synonyme de borgne ? Comment cette vertu, qui aurait pu être cardinale, a-t-elle fini par devenir minimale} Soyons justes cependant : la disgrâce de la gentillesse n'est pas totale ! En effet, si d'un côté, j'éprouve de la compassion à l'égard d'une personne naïve et crédule, de l'autre, j'apprécie volontiers en elle sa bienveillance. D'où vient alors l'ambiguïté de cette notion qui évoque une attitude que je pratique à la sauvette pour ne pas paraître faible, mais dont j'aime être le destinataire car elle m'est salutaire ?

L'heure est venue pour la gentillesse de sortir du bois. Le cynisme est à son affaire dans son mépris de la gentillesse ; il est même à la manoeuvre. Mais ce mépris a montré ses limites : il est surtout une méprise sur soi et sur autrui. Avis aux cyniques : l'aspiration des hommes à la douceur n'est ni une reddition ni une résignation, elle est force et stratégie. En prenant conscience que la gentillesse n'est pas faiblesse, mais noblesse, je reconnais en elle une vertu prometteuse et annonciatrice d'un nouveau gentilhomme.

La mode est au cynisme. Il est donc mal vu d'être gentil. Dois-je pour autant m'incliner devant le regard qui ravale la gentillesse au rang de faiblesse ? Dans cet essai stimulant, Emmanuel Jaffelin montre : que la gentillesse n'a pas dit son dernier mot et qu'elle est une vertu d'avenir. Source d'une morale vivifiante, elle prend le relais des morales fondées sur le devoir. Sa révolution douce renferme une promesse : celle de réconcilier les vieilles civilisations de l'honneur avec notre société du bonheur.

L’auteur : Agrégé de philosophie, Emmanuel Jaffelin enseigne aujourd'hui au lycée Lakanal de Sceaux et anime un atelier à la prison de Sequedin, dans le nord de la France. Alternativement à ses activités d'enseignement, il a été diplomate en Amérique latine et en Afrique.

Mon point de vue : Le monde tel qu’il est ne nous incline pas vraiment à la gentillesse mais faut-il en rester à ce constat stérile ? Comme le dit Lao-tseu : «Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.»

Gérard Conreur


Editeur
Date de parution
11/03/2015
Collection
ISBN
2290098655
EAN
978-2290098653

En vente dans toutes les bonnes librairies : 6.90 euros




Ces bateaux qui ont découvert le monde




Dessins au trait, aquarelles, lavis : l’édition en grand format du livre de Jean-Benoît Héron valorise encore davantage son splendide travail de dessinateur.

Ils ont pour noms de baptême la Santa Maria, La Boussole, le Golden Hind, Tara. Tous ces bateaux ont en commun d’avoir découvert de nouvelles terres, de nouvelles mers, et ainsi d’avoir repoussé les limites de notre horizon. Sans eux, Christophe Colomb n’aurait pas découvert l’Amérique, La Pérouse ne se serait pas aventuré dans les îles du Pacifique, Francis Drake n’aurait pas fait son tour du monde, Jean-Louis Étienne n’aurait pas exploré l’Antarctique. Les héros de ce livre sont les bateaux.

Navires phéniciens, drakkars, caravelles, galions, goélettes : à travers une vingtaine de portraits de bateaux mythiques, Jean-Benoît Héron nous raconte l’histoire des explorations maritimes. Il nous emmène à bord des embarcations des grands explorateurs et nous fait partager la vie de ces aventuriers des mers, Pythéas, Magellan, James Cook, Joshua Slocum ou Thor Heyerdahl.

Les dessins originaux de ce livre, d’une précision et d’un réalisme absolument remarquables, ont fait l’objet d’une exposition au musée de la Marine à Paris en décembre 2014.


L'auteur : 
Jean-Benoît Héron


Mon point de vue :

Quand je vois passer un bateau
J'ai envie de me foutre à l'eau
Et d'enjamber le bastingage
Et vivre entre le ciel et l'eau
Le reste de mon âge.

J'ai envie d'aller où il va
Remonter le long de Java
Descendre à terre, le soir au mouillage
Et rire comme un étranger
D'un rire qui fait éclater
La rose bleue d'un tatouage.


Souvenez-vous, c'était ce que chantait Guy Bontempelli, il y a de cela quelques années....  Et comment ne pas être d'accord avec ces paroles de mer et d'horizons lointains ? Le livre, remarquable, de Jean-Benoît Héron vous fera, j'en suis sûr, le même effet. Ouvrage indispensable pour l'amateur de mer, de vagues et d'embruns. Que dire enfin des sublimes illustrations qui nourrissent chaque page de ce bouquin extraordinaire ? Achetez ce livre, faites-vous le offrir mais ne le laissez pas passer.

Gérard Conreur

 



  • Format : 195 x 258 mm
  • 128 pages
  • Façonnage: Souple
  • Paru le 01.04.2015
  • EAN/ISBN : 9782344007969
Prix : 18.00 €   Acheter
 

mercredi 3 décembre 2014

Le Canal de Panama : un siècle d'histoire



1914-2014 = 100 ans de petites et grandes histoires autour du canal de Panama.

Au milieu du XIXe siècle, l’utilisation de plus en plus répandue de la machine à vapeur accélère les échanges internationaux. Les grands projets se multiplient sur tous les continents avec le même objectif : raccourcir les temps de transport. À cette époque, la palme de la démesure revient au Français Ferdinand de Lesseps alors à la tête de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Inauguré le 17 novembre 1869, le canal de Suez réduit de 42 % la distance entre Liverpool et Bombay. À 12 000 kilomètres du Caire, les Américains, grâce à une concession accordée par le gouvernement colombien, ont construit une voie de chemin de fer, la Panama Railroad, entre 1849 et 1855, au prix de douze mille morts. Reliant l’Atlantique au Pacifique, elle est empruntée chaque semaine par les milliers d’émigrants européens qui se rendent en Californie pour participer à la ruée vers l’or.


En 1875, le Panama est encore un pays mystérieux. Bien que l´isthme ait été une des premières terres colonisées par les Européens, son territoire est encore largement inexploré, recouvert de jungles impénétrables où seuls les plus téméraires s´aventurent. Les dangers y sont nombreux : crocodiles, félins, serpents venimeux, et surtout les fièvres tropicales dont on ignore encore le mode de transmission. Pourtant c’est dans ce pays-ci que les Européens et les Américains se battent pour être le premier à construire un canal reliant les océans Pacifique et Atlantique.

Toute l’épopée de la construction est évoquée dans cet ouvrage : depuis les premiers débats enflammés lors du Congrès de la Société de Géographie de 1875 jusqu’à la rétrocession du canal au Panama à la fin du XXe siècle en passant par l’évocation du fameux scandale. Les documents inédits conservés dans les archives de la Société de Géographie, et à l’origine de la plupart des projets envisagés pour ce canal, ont été triés, scannés et restaurés avec soin afin de donner à lire les travaux par l’image, les cartes d’époque et les infographies actuelles, les rapports de mission et les premières photographies documentaires. D’autres images issues des collections propres de l’auteur et de Panaméens viennent enrichir cet ouvrage richement illustré.

L'auteur : Marc de Banville a débuté sa carrière comme journaliste, caméraman pour TF1 dans les années 90. Il s’est particulièrement intéressé au Panama, au Front Farabundo Martí de libération nationale au Salvador, aux élections en Haïti, en Colombie et au Nicaragua. Il a également travaillé pour l’agence CAPA, d'abord à Barcelone, puis Paris, filmant et réalisant des documentaires sur de nombreux pays en conflit comme l’Irak ou Haïti. Il a travaillé pour les programmes de télévision Envoyé Spécial, Arte Info, l’Effet Papillon, Zone Interdite et Thalassa.

Depuis 2004 Marc de Banville s’intéresse à tout ce qui touche à l’histoire du pays et du canal et le fait découvrir à travers des écrits, des images et des conférences qu’il anime aussi bien sur place que dans le monde entier. Il travaille actuellement sur différents ouvrages et films traitant également du Panama. Lorsqu’il n’est pas au Panama, Marc de Banville vit principalement à Paris.

Le Canal de Panama : un siècle d'histoire est plus qu’un livre d’histoire, c’est un témoignage de l’épopée humaine et technique.

  • Univers: Le voyage & l'exploration
  • Type: Beau livre
  • Collection: La Société de géographie - La Société des explorateurs
  • Format : 240 x 320 mm
  • 192 pages
  • Façonnage: Cartonné
  • Paru le 26.11.2014
  • EAN/ISBN : 9782344002810
Prix : 39.00 €   

Gérard Conreur