lundi 28 octobre 2013

1914-1918 : Les romans de la Grande Guerre chez Points



2014 marquera le centième anniversaire du début de la Grande Guerre, la Première Guerre mondiale. Il faut se souvenir de ce drame terrible qui a déchiré durant de longues années l’Europe et conduit à la tombe des millions d’hommes fauchés en pleine jeunesse. Faut-il donner des chiffres ? Dresser  un bilan ? L’événement tragique semble aujourd’hui hors de notre portée. Aussi , laissons de côté les chiffres, les répercussions politiques ou économiques, incommensurables qui pesèrent sur le vieux continent à jamais dévasté lorsque les armes se turent et penchons nous sur ceux de 14 dont la collection Points à sélectionner quatre titres incontournables.


Ceux de 14, Maurice Genevoix
Un récit de guerre terriblement humain
Très grièvement blessé lors de la guerre de 1914-1918, Maurice Genevoix rassemble ses souvenirs de soldat. Il n’avait que 24 ans lorsqu’il prit le commandement d’une compagnie en août 1914. Tandis que se tissaient des relations faites d’entraide et de peur, il fit face à l’horreur des combats, des cadavres mutilés, de l’inimaginable. Notez encore que la série Ceux de 14, adaptée du roman par Olivier Schatzky, sera diffusée sur France 3 début 2014 et comprendra six épisodes de 52 minutes.

« Rédigé presque sur le vif, ce journal de guerre frappe par son absence de fioritures. Les dialogues sonnent si juste que la censure militaire les caviarda. » (Lire)
800 pages, 9,00€

Maurice Genevoix (1890-1980) a combattu pendant la Première Guerre mondiale. Prix Goncourt pour Raboliot, il a été élu à l’Académie française en 1946.


Des garçons d’avenir, Nathalie Bauer

Ceux qui tentent de survivre à l’enfer
En 1915, Raymond Bonnefous, étudiant en médecine, part pour l’enfer des tranchées. Aux postes de secours, où défile l’effarant cortège de blessés et de mutilés, avec ses amis
médecins, il soulage au mieux la souffrance. Par leurs bavardages complices, leurs repas
gargantuesques, leurs escapades à Paris et leurs amourettes, ces « garçons d’avenir »
préservent leur amour de la vie.

Sélectionné pour le prix Femina 2011 et le prix des Libraires Fnac 2011.
« Un roman magique et généreux sur un aspect méconnu de la Première Guerre
mondiale. » (La Croix)
« Avec ce troisième roman, Nathalie Bauer se révèle une grande romancière. »
(Télérama)
408 pages, 7,70€

Traductrice de l’italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer publie ici son troisième roman, inspiré par les témoignages écrits de son grand-père sur la Grande Guerre.



Comme neige au soleil, William Boyd

Une guerre ubuesque
Au pied du Kilimandjaro retentit l'écho lointain d'un attentat à Sarajevo… Colons, fermiers
et militaires se jettent avec ardeur dans la guerre, persuadés qu’elle ne durera pas : il fait bien trop chaud pour se battre ! Pourtant, quatre ans plus tard, l'armée allemande d'Afrique n'a toujours pas capitulé… car personne ne lui a ordonné de le faire.

155 000 exemplaires vendus chez Points depuis 1986 : un des
plus grands succès de William Boyd en poche.

« Achetez ce livre ! Si vous ne l’aimez pas, je vous rembourserai ! »
(Bernard Pivot)
« Boyd nous offre une version guignolesque du plus grand cataclysme du XXe
siècle. » (L'Express)

460 pages, 8,00€

Né au Ghana en 1952, William Boyd a enseigné la littérature à Oxford. Tous ses romans, dont L’Attente de l’aube et Orages ordinaires, sont disponibles en Points.


Toutes ces vies qu’on abandonne, Virginie Ollagnier

L’Histoire à hauteur d’homme
En 1918, l’armistice est signé, mais les trains continuent à ramener du front des hommes meurtris. L’un d’eux, soldat anonyme au visage émacié, semble ne pas vouloir se réveiller.
Est-ce l’étrange beauté de ce corps muet qui éveille les sentiments de Claire ? Ou sa détermination à soulager les souffrances ? De confessions timides en aveux fervents, la jeune infirmière et l’inconnu se découvrent…

Prix Jean-Monnet des lycéens en 2007.

« On tombe sous le charme d'une ambiance, d'une pétillance d'esprit. »
(Le Matricule des anges)
« Le lecteur souffre avec cet homme qui pourrait être une allégorie de l’écrivain, enclos dans un corps sans cesse submergé d’émotions et traversé de phrases. Pari romanesque réussi. »
(Le Figaro littéraire)

288 pages, 7,20€

Née à Lyon en 1970, Virginie Ollagnier est formatrice et scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Deux de ses romans, Toutes ces vies qu’on abandonne et L’Incertain, sont disponibles en Points.


vendredi 25 octobre 2013

Ces bateaux qui ont découvert le monde

Embarquement immédiat à bord des bateaux des grands explorateurs !

Ils ont pour noms de baptême la Santa Maria, la Boussole, le Golden Hind, la Calypso, Tara. Tous ces bateaux ont pour point commun d’avoir découvert de nouvelles terres, de nouvelles mers, et ainsi d’avoir repoussé les limites de notre horizon. Sans eux, Christophe Colomb n’aurait pas découvert l’Amérique, La Pérouse ne se serait pas aventuré dans les îles du Pacifique, Francis Drake n’aurait pas fait son tour du monde, Cousteau n’aurait pas exploré le fond des océans, Jean-Louis Étienne n’aurait pas mené à bien ses explorations scientifiques en Antarctique.

Bateaux phéniciens, drakkars, caravelles, galions, goélettes : à travers une vingtaine de portraits de bateaux mythiques, Jean-Benoît Héron nous raconte l’histoire des explorations maritimes. Il nous emmène à bord des embarcations des grands explorateurs et nous fait partager la vie de ces aventuriers des mers, qu’ils s’appellent Phyteas, Magellan, James Cook ou Thor Heyerdahl. Ses dessins à l’aquarelle, d’une précision et d’un réalisme absolument remarquables, font de ce petit livre un grand ouvrage signé Jean-Benoit Héron.

Mon avis : Une chanson disait : Quand je vois passer des bateaux, j'ai envie de me foutre à l'eau... Quand on rêve à ces grands vaisseaux qui ont fait l'histoire du monde, comment ne pas être fasciné ? Comment ne pas avoir envie de monter à bord ? Entendre le craquement du bois, recevoir ces embruns de mer, percevoir le sifflement rageur du vent dans les voiles, la tiédeur des alizés à la saveur vanillée. Petit livre largement illustré par l'auteur et d'un format pratique, il n'a pas fini de vous faire voyager. Bienvenue à bord !

Ces bateaux qui ont découvert le monde de Jean-Benoit Héron (Edition Glénat, Chasse Marée)


  • Univers: La mer
  • Type: Beau livre
  • Collection: Histoire maritime, Format : 120 x 190 mm, 128 pages, Façonnage: Souple
  • A paraître le 30.10.2013, EAN/ISBN : 9782723497343
Prix : 13.50 €

Gérard Conreur

lundi 21 octobre 2013

Les dynasties des rois de France

Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois et Bourbons, cet ouvrage complet et richement illustré présente les dynasties françaises qui ont régné pendant près de 1400 ans sur notre pays.

Découvrez comment la royauté s’est construite et a évolué, façonnant à tout jamais l’Histoire de France. Défenseurs de leur terre et de leurs sujets, luttes pour le pouvoir et pour la gloire, les rois fascinent par leur grandeur et par les mystères qui entourent leur vie privée. Des origines de la monarchie française, au triomphe du Roi-Soleil, les grandes dynasties françaises n'auront plus de secret pour vous !

Mérovingiens : aux origines de la monarchie française, Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois et Bourbons, cet ouvrage complet et richement illustré présente les dynasties françaises qui ont régné pendant près de 1400 ans. Découvrez comment la royauté s’est construite et a évolué, façonnant à tout jamais l’Histoire de France.

Défenseurs de leur terre et de leurs sujets, luttes pour le pouvoir et pour la gloire, les rois
fascinent par leur grandeur et par les mystères qui entourent leur vie privée. Des origines de la monarchie française, au triomphe du Roi-Soleil, les grandes dynasties françaises n'auront plus de secret pour vous !

Mérovingiens : aux origines de la monarchie française
Carolingiens : A la conquête de l’Occident
Capétiens : La Fondation du Royaume de France
Valois : Du Moyen-Âge à la Renaissance
Bourbons : Les Lis et le Soleil

Mon avis : Ouvrage collectif remarquable qui ravira tous les passionnés d’Histoire sans exception. La royauté en France, c’est une large part de l’histoire de notre pays. Pourtant, elle est la plus méconnue et ce livre est là pour apporter un éclairage nouveau sur tous ces rois qui ont fait la France.

Diffusion Glenat Livres, publié dans la collection L’Histoire de France, 464 pages. Format : 235 x 281 mm. Façonnage : Cartonné. Prix TTC : 39,00 €. A paraître le 23 octobre 2013.


Gérard Conreur, 17 octobre 2013

mardi 1 octobre 2013

La Croisière jaune : les documents inédits à paraitre chez Glénat Livres

La Croisière Jaune : les documents inédits

version documentaire

Ariane Audouin-Dubreuil

Redécouvrez la Croisière Jaune à travers les souvenirs inédits des explorateurs de l’époque.
L'expédition Citroën Centre-Asie constitue l'une des aventures les plus exceptionnelles du XXe siècle. 42 hommes courageux, prêts à affronter tous les obstacles de la nature, tous les dangers, s'engagèrent délibérément dans une Asie centrale alors profondément troublée, sur un parcours de plus de 13 000 km entre Beyrouth, Pékin et Saïgon. Ils remontèrent ainsi l'antique route de la soie, en franchissant les hauts cols du Karakorum dans l'Himalaya.

Pour raconter cette expédition, il fallait la plume alerte et émouvante d’Ariane Audouin-Dubreuil, qui s’est plongée depuis une trentaine d’années dans les archives familiales. Elle relate l'aventure humaine, les exploits techniques, les importants travaux archéologiques, artistiques, ethnographiques et géologiques réalisés par les membres de la mission. Grâce aux progrès des techniques de reproduction moderne, des documents jamais publiés sont aujourd’hui mis en avant dans une nouvelle version de cette épopée grandiose.

Dans un coffret aux couleurs de l’expédition, Ariane Audouin-Dubreuil partage avec le lecteur de précieux fac-similés de photos, de cartes, de lettres, rapports ou compte-rendus secrets. Entrez dans l’intimité de ces aventuriers d’un autre temps !

A paraitre le 16 octobre 2013 chez Glénat Livres

Gérard Conreur

A paraitre le 16 octobre 2013, chez Glénat Livres

Louis Audouin-Dubreuil, Correspondant de guerre malgré lui

Correspondances et notes 1914-1918

Ariane Audouin-Dubreuil

Un témoignage unique avec des photographies jamais publiées sur la Der des Ders.
« En septembre 1914, un jeune hussard à cheval se presse vers les lieux de combat de la Marne. Dès le mois d’octobre, il descend avec ses hommes dans les tranchées du front d’Artois. En 1915-1916, il est à Verdun, au Four de Paris, puis au bois de Malancourt. À la fin de l’été 1916, il rejoint sur l’Yser les fusiliers marins dans les tranchées des polders belges. En janvier 1917, à l’École d’aviation d’Avord, il s’initie au pilotage des premiers appareils de guerre. Jusqu’à la fin des hostilités, il est affecté dans l’aviation tunisienne des « Territoires du Sud », sur la frontière libo-tunisienne fréquemment attaquée par les Senoussis révoltés.
Un parcours sur quatre années de guerre, celui d’un hussard qui, en 1914, croyait en une victoire rapide de la France et rêvait de charger l’ennemi à cheval, sabre au clair. Il ne pouvait, le 2 août 1914, alors qu’il rejoignait le 10e hussards à Tarbes, imaginer les épreuves qui l’attendaient sur tous les fronts de France.
Les correspondances, les notes de guerre, les photographies restituent dans le présent ouvrage cet épisode bref et intense de la vie de Louis Audouin-Dubreuil. Ce temps qu’il avait enfoui dans un silence obstiné. Il est des tragédies que les anciens combattants taisent, mon père était de ceux-là. »

Ariane Audouin-Dubreuil


Artois, Verdun, l‘Yser et la frontière Libo-Tunisienne. Ces quatre zones de combat correspondent à une un lieu d’affectation de Louis Audouin-Dubreuil sur le front entre 1914 et 1918. Alors qu’il n’est qu’un tout jeune soldat, muni d’une autorisation extraordinaire de port d’appareil photographique, le jeune hussard raconte ses liaisons, ses reconnaissances et ses descentes aux tranchées. Suivent les notes et les correspondances échangées avec sa famille, ses amis, ses compagnons d’armes.
Trois albums de photographies légendées, datées et numérotées de la main de Louis Audouin-Dubreuil, et les pellicules correspondantes restituent fidèlement lieux, contextes et personnages dans un livre original et unique en son genre.

Gérard Conreur

jeudi 17 janvier 2013

Une vie sur Europe ?



Y-a-t-il une autre vie que la nôtre dans l’univers ? Pour le terrien moyen, cela ne fait aucun doute et le sujet le passionne. Films de science-fiction sont à l’affiche du monde entier, dans toutes les langues et il en va de même dans toutes les bonnes librairies de notre planète où les ouvrages d’anticipation se vendent comme des petits aliens.


Depuis l’aventure assez récente de la recherche spatiale, nous nous sommes rapprochés du sujet, si l’on peut dire, en regardant de plus en plus loin, ce qui n’est pas un paradoxe. Nous avons même photographié notre univers de l’intérieur. Nous sommes là, tous, souriants sur la photo (ci-dessous) de Planck, lancé par Ariane 5 il y a quelques mois et après cette première photo de l’univers, on va lui demander d’en refaire une deuxième pour être sûr au cas où la première serait floue. Une photo de notre univers, rien que ça… Parmi les blasés, certains diront que notre univers n’est qu’un univers parmi des milliers, des millions d’autres univers comme autant de gouttes d’eau dans l’océan cosmique.


le ciel complet vu par Planck ©hfi-planck
le ciel complet vu par Planck ©hfi-planck

Lorsqu’il y a quelques siècles, la foi nous plaçait au cœur d’un univers qui se limitait à notre seul système solaire, la question de la vie extraterrestre ne se posait pas, Dieu nous ayant fait à son image, nous étions peinards.

Ainsi les étoiles n’étaient rien d’autre que quelques lampions scintillant dans la nuit. Vinrent Galilée, Copernic et tous les autres qui ajoutant leur grain de sel, leurs grains de sable grippèrent la belle mécanique céleste. Sautons quelques siècles et nous voici observant les premiers résultats de Planck qui, d’un coup, donne un petit coup de vieux à Hubble.


Pioneer - Nasa vue d'artiste



Recherche de la vie dans l’univers. Des sondes héroïques, Voyager, Pioneer nous ont appris que nous ne savions pas grand-chose sur notre propre système solaire. Elles emportaient sur leur flanc une petite plaque disant qui nous étions. Au cas où… mais à ce jour, sans le moindre succès. Dans notre recherche de l’autre, nous sommes parvenus non loin de Jupiter, Saturne…  

Jupiter planète géante, dix à douze fois le diamètre de la Terre, mais gazeuse. On disait même que sa faible densité lui permettrait de flotter sur l’eau. Jupiter est un fruit étrange qui n’a pas d’écorce mais possède un noyau, une collection d’anneaux dont un tourne dans le sens contraire des autres. Enfin cette merveille du système solaire possède une soixantaine de satellites naturels. Parmi les plus importants, les lunes galiléennes : Io, Ganymède plus grand que Mercure, Callisto mais c’est surtout Europe qui retient l’attention des scientifiques.

Imaginez une grosse bulle d’environ 3 000 km de diamètre qui tourne autour de Jupiter en environ 3 jours et demi. La surface d’Europe est faite d’une importante couche de glace, entre 5 et 30 km d’épaisseur. Sous cette glace, un océan de 90 à 100 km de profondeur, enfin un fond de roches silicatées et un petit noyau de fer. Définition sommaire assortie du très prudent « probablement ». C’est dans cette soupe sous-cutanée d’Europe, dans cet océan des profondeurs, dans ce medley entre 20 000 lieues sous les mers et voyage au centre de la Terre, dans cet endroit paumé où nul n’irait passer un week-end de Pâques que les scientifiques pensent qu’une forme de vie a pu, non pas voir le jour mais plutôt boire la tasse. Pourquoi ?

Parce que notre bonne vieille planète présente des similitudes avec Europe. Des fosses abyssales à plus de 10 000 mètres de profondeur, tapissées, animées par la tectonique des plaques et donc ponctuées de fumeurs blancs ou noirs et autres cheminées hydrothermales. Dans de telles conditions extrêmes, d’obscurité totale, de pression considérable - un milieu on ne peut plus hostile -  la vie, invraisemblablement, a trouvé sa voie et proliféré sans renâcler.  Alors même si l’on multiplie l’hostilité du milieu par dix ou par cent, pourquoi n’en serait-il pas de même sur Europe ? Bref, pour vérifier la présence d’une vie extraterrestre, le plus simple serait d’aller sur Europe pour commencer… On visite d’abord la Normandie en 2 chevaux, avant de décoller en jet pour les Bahamas.


Coupe d'Europe ©NASA

Seulement voilà, même si Jupiter, c’est tout ce qu’il y a de plus près de chez nous,  il faut bien compter 5,21 u.a. (1 Unité Astronomique = la distance Terre-Soleil, soit environ 150 millions de km) et donc pour simplifier : un peu plus de 781 millions de kilomètres. La sonde Galileo a mis six ans pour aller de la Terre à l'orbite de Jupiter. Sur place, pas question de se laisser entrainer dans l’orbite de Jupiter mais cap sur Europe, une partie de l’engin reste en orbite, une autre plonge vers la surface. Il s’agit d’une sonde thermonucléaire qui va s’enfoncer dans la glace à la manière d’une perceuse en la faisant fondre. Températures rencontrées sur Europe : - 150° Celsius.  Quand après quelques kilomètres de glace, plusieurs dizaines peut-être, l’océan sous-glacien sera atteint, un module d’exploration sous-marin prendra le relai toutes caméras allumées et tous ses instruments en service…

Stop ! Si le résumé tient en quelques lignes, l’addition, elle, dépasse déjà quelques milliards d’euros. Pire, en l'état actuel de la technologie spatiale, il n’est pas sûr que nous sachions faire. Aller d’une planète à une autre, en utilisant l’effet de fronde, comme le firent les sondes automatiques, est une chose, les poser sans encombre en un lieu idéal en est une autre.

En raison de la distance qui pénalise lourdement les communications entre question et réponse, il faudrait qu’elles embarquent un programme très précis, donc très lourd, et surtout autonome.
Même chose pour le module sous-marin, qui se trouvera bien seul, dans l’océan sous la glace, privé de toute communication avec la surface et a fortiori avec la Terre.

Et puis, dernier détail : quelle vie nous attendons-nous à trouver ? Et de quelles précautions extrêmes devrons-nous nous entourer pour ne pas nous-mêmes égarer sans le vouloir dans les profondeurs d’Europe quelques infinis germes venus de notre bonne vieille planète...


Gérard Conreur pour France Culture 17/01/2011

mardi 15 février 2011

Paquebot France, le dernier des géants






Le musée national de la Marine présente du 9 février au 23 octobre  2011 une grande exposition consacrée au paquebot France. Lancé le 11 mai 1960, il fut l’un de ces derniers géants des mers prestigieux assurant la traversée Le Havre-New York en 5 à 6 jours. Sur le transatlantique, excellence à la française, fines bulles de champagne et mets raffinés. Bienvenue à bord du France.

Les croisières sont à nouveau à la mode très curieusement depuis le succès mondial du film Titanic dont on prévoit une nouvelle sortie en 3d cette fois en avril 2012 à l’occasion du 100ème anniversaire de sa mise en service le 10 avril 1912 et de son naufrage 5 jours plus tard. Or ni le Titanic, ni le France ne furent destinés à  l’origine aux croisières. Il s’agissait de paquebots transatlantiques, des liners, possédant cette architecture très profilée qui leur permettait d’affronter des conditions de mer particulières dans l’Atlantique Nord.

La Grande Bretagne et la France ont occupé une place de choix dans la traversée transatlantique, de la fin du 19ème siècle à nos jours, avec la Cunard ou la White Star Line qui fusionnèrent par la suite, côté anglais, et la Compagnie générale transatlantique, surnommée la French Line en France. Outre le Titanic, on peut évoquer les Mauretania, Lusitania, Olympic, Queen Mary ou le Queen Elizabeth. En France, l’Ile de France, le Normandie et bien sûr le France.

Le France – ou plutôt France comme on devrait le nommer - reste aux yeux de nos concitoyens un paquebot de rêve devenu une véritable légende, mieux une de ces histoires d’amour mais qui finit mal en général comme le chantaient les Rita Mitsouko. Il faut reconnaître, objectivement aujourd’hui, que cette histoire du France n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices.

Si le Royaume Uni a connu le drame du Titanic en 1912, puis celui du Lusitania torpillé par un sous-marin allemand en 1915 ou encore l’incendie du Queen Elizabeth au large de Hong-Kong en 1968, la France n’a pas été épargnée : le paquebot Paris (1916) très proche dans sa conception du France (de 1912) brûle et chavire dans le port du Havre en 1939. L’Ile de France, lancé en 1926 et qui a connu une carrière prestigieuse – il a participé à plusieurs sauvetages qui lui ont valu le surnom de Saint-Bernard des mers – va être vendu à une firme japonaise en 1958 et servira de décor à une production hollywoodienne. Il est partiellement coulé en mer du Japon et saccagé pour les besoins du film avant d’être démantelé. En France où l’émotion est considérable, on crie au scandale. La fin du célèbre Normandie, Ruban Bleu en 1935, est elle-aussi dramatique. Réquisitionné à New York où il doit être transformé pour le transport de troupes sous le nom de l’USS Lafayette, le Normandie est dévasté par un incendie en 1942 et alors qu’il aurait pu être sauvé, il est expédié à la ferraille.  

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la question de construire des grands paquebots se pose en termes économiques face au développement sans précédent du transport aérien. Même si les vols sont longs et coûteux entre Paris et New York, même si le confort est encore limité et les escales inévitables, on voyage en Constellation depuis 1946 à 520 km/h de vitesse de croisière et on évoque dès 1952 ce nouvel avion que prépare la firme Boeing : le 707 qui doublera pratiquement cette vitesse de croisière. Alors, que penser de ces cinq à six jours de navigation qu’il faut à un paquebot pour traverser l’Atlantique ?

Si le coup de cœur de remplacer le Normandie a été pris dès 1952, il va falloir quatre ans pour arrêter la décision officielle de lancer la construction du France : 1956. Quatre ans de débats, de tractations, de rebondissements, de controverses. Faut-il construire deux navires classiques ou un seul plus gros et plus rapide ?  Ces quatre années à jamais perdues auront une résonance particulière le jour où le France, jugé trop coûteux, bouclera prématurément son dernier voyage.

Achevé en novembre 1961, le France – troisième du nom après celui de 1864 et celui de 1912 – est mis en service le 19 janvier 1962. Il effectue sa première traversée transatlantique le 3 février et comme prévu il arrive à New York le 8 février 1962 sous une parade de remorqueurs, de bateaux pompes, de vols d’hélicoptères, etc. La légende du France ne fait que commencer et va se poursuivre une douzaine d’années. Ce qui, finalement, est bien peu.

Tandis que l’avion se démocratise de plus en plus, il faut très vite trouver une clientèle complémentaire plus orientée vers les croisières. Croisières aux Canaries, au Brésil, aux Antilles, en Méditerranée… A thème pour l’exposition de Montréal en 1967, sur les pas de Napoléon 1er en 1969, autour du monde sur le thème du tour du monde en 80 jours de Jules Verne. Enfin, courant 1974, une deuxième croisière autour du monde au cours de laquelle on apprendra la terrible nouvelle du prochain arrêt du paquebot.


Il faut se faire une raison : le France est devenu un gouffre financier. Le paquebot n’est plus rentable. Sur l’Atlantique Nord, l’avion a définitivement gagné la partie avec le Boeing 747, ce gros porteur  capable d’emporter entre 350 et plus de 500 passagers. Circonstances aggravantes, le premier choc pétrolier de 1973 avec ce quadruplement du prix du baril ou encore cette faiblesse chronique de la devise américaine. Pour VGE et son premier ministre, Jacques Chirac, qui voient les difficultés économiques et le chômage augmenter, comment pourrait-il être question de demander à la collectivité nationale un effort supplémentaire pour sauver le France ? Alors, la Transatlantique ne va pas avoir d’autre choix que de désarmer et mettre en vente le paquebot.

L’image du France amarré au quai de l’oubli est restée dans les mémoires de ceux qui avec passion auront tenté l’impossible pour le sauver. Un saoudien s’en porte acquéreur qui le revendra à un armateur norvégien. Le France deviendra alors le Norway en 1979. Le paquebot, rentabilité oblige, sera transformé pour accueillir bien plus de passagers et son équipage sera réduit au strict nécessaire mais les chantiers navals du Havre ne remporteront pas le marché pour la transformation de l’ex-France. Le 18 août 1979, une foule émue observe le départ du Norway. Aux trois coups de sirène traditionnels du paquebot, les remorqueurs ne répondront pas. Chacun a la gorge serrée.

Mais la descente aux enfers de l’ex-France ne fait que commencer. Après avoir barboté dans la mer des Caraïbes pour des croisières qui n’avaient plus rien à voir avec sa splendeur passée, le Norway va connaître de nombreuses autres transformations en 1982, 1990 et 1996. En 2003, le paquebot est fortement endommagé par l’explosion de l’une des quatre chaudières mais son sauvetage est possible. Cependant une série de circonstances va conduire le Norway à la ferraille vers son ultime destination face à la plage d’Alang en Inde qui n’a rien d’une station balnéaire. Le nouvel ennemi du France s’appelle désormais l’amiante. Après l’incendie spectaculaire qui avait dévasté le Normandie, en 1942, les architectes du France l’avaient truffé d’amiante qui en faisait aujourd’hui un gigantesque déchet industriel dangereux dont personne ne voulait entendre parler. Idem pour le porte-avion Clemenceau. Les deux bâtiments qui furent l’orgueil de la France seront-ils condamnés à errer sur les mers du globe comme deux vaisseaux fantômes sans jamais pouvoir accoster ici ou là ?


Aujourd’hui le France est entré dans le passé comme un navire qui sombre dans l’océan de la nuit.

Paquebot France, l’exposition. Musée national de la Marine, 17, Place du Trocadéro, du 9 février au 23 octobre 2001. Nocturnes tous les vendredis. Le site est ici.




Gérard Conreur pour France Culture, 15 février 2011