vendredi 9 juillet 2010

Le beffroi de Lille ouvert au public

Bienvenue chez les Ch’tis. Non, il ne sera pas question de Fricadelle, de tartines de maroilles trempées dans le café noir, des guichets de la Poste de Bergues où se déroule l’action du film. Le seul lien que l’on puisse établir ici, serait le beffroi de cette ville. Celui de Bergues n’est pas le plus haut de la région Nord-Pas de Calais mais pourtant la grimpette essouffle son homme, son escalier en colimaçon vous donne, en prime, le tournis et le peu que parvenu là-haut, il soit l’heure pile d’un air de carillon, vous voilà sourd pour un moment.

Le Beffroi de Lille © Gérard Conreur
Le beffroi de Lille - © Gérard Conreur

Pour monter encore plus haut, deux fois plus haut, il faut prendre la direction de la capitale des FlandresLille dont le beffroi culmine à 104 mètres mais jusqu’alors pas de précipitation, il n’était pas très simple de prévoir une ascension. Mission presque impossible disaient les mauvaises langues. Il fallait constituer un groupe, se rendre à l’Office du tourisme pour des visites en nombre limité. De plus, souligne-t-on à la Mairie de Lille, le site n’était pas suffisamment sécurisé pour l’accueil du public, etc. Bref, rien de très pratique, ni de très logique pour les visiteurs qui se trouvant fréquemment bouché bée devant les portes closes au pied du beffroi, renonçaient à leur projet.

Pourtant depuis 2005, 23 beffrois de la région dont celui de Lille sont  inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et l’année suivante, l’édifice lillois, le plus haut beffroi d’Europe du Nord, avait fait l’objet de travaux de rénovation.

Les choses ont changé tout récemment et cela valait bien la peine de le souligner. On a pensé aux touristes mais aussi aux gens du Nord et aux Lillois en particulier qui enfin pourront découvrir leur ville de plus haut. La mairie de Lille et l’Office de Tourisme ont bien fait les choses. Du personnel a été recruté pour accompagner le public. Au programme : cent marches à gravir mais avec des paliers avant de parvenir à la billetterie où les visiteurs se voient remettre un audio guide en plusieurs langues et une paire de jumelles. Ensuite plus de trois cents marches à grimper. Non, je plaisante car un ascenseur les attend. Là-haut deux plateformes d’observation l’une vitrée à 68,55 m, l’autre à 72,55 m pour apprécier toute la vigueur du vent du Nord et pour un panorama à 360° sur les Monts des Flandres ou les terrils du Pas de Calais. Soit, par beau temps, trente kilomètres à la ronde. Les trois cents marches ne sont là que pour les sportifs ou ceux qui veulent descendre librement en y prenant le temps.

La construction

Pour le reste, le beffroi de Lille, c’est toute une histoire. En 1916, un incendie dévaste l’Hôtel de Ville jouxtant le Palais Rihour bâti en 1453 sous le règne de Philippe le Bon. Pour l’édification du nouvel hôtel de ville, le quartier populaire de Saint-Sauveur qui a beaucoup souffert des bombardements de la Première Guerre mondiale est choisi. Le projet retenu est celui très audacieux de l’architecte Emile Dubuisson. Le maire de Lille est alors Roger Salengro qui sera ministre de l’Intérieur à l’époque du Front populaire. La construction de l’hôtel de ville .se déroule de 1924 à 1932 et de 1929 à 1931 pour le beffroi.

 C’est la première fois que la technique du béton armé est utilisée pour un bâtiment de cette hauteur. On va donc construire un ascenseur au centre du beffroi pour acheminer les hommes et les matériaux de construction. L’ascenseur grimpera donc au fur et à mesure de l’édification du beffroi au rythme de 4,10 mètres d’altitude par mois. A la base du beffroi, deux personnages sont sculptés, les géants fondateurs de la ville, Lydéric et Phinaert.

Les beffrois dans le Nord de la France symbolisaient l’affirmation des libertés communales, la fierté de la ville et sa prospérité. A l’origine, ils permettaient le guet et de prévenir l’envahisseur ou toute menace comme les incendies par exemple. Ils donnaient l’heure sans connotation religieuse – contrairement aux églises sonnant l’Angélus - visuellement grâce à l’horloge mais aussi à l’aide de quelques notes de carillon. Il existe un autre beffroi à Lille, celui de la Chambre de Commerce et d’Industrie, non loin de la Grand Place, mais qui lui, ne peut être visité. Il égrène par contre régulièrement quelques notes de l’Hymne à la joie et parfois aussi le p’tit Quinquin.

La Chambre de Commerce et d'Industrie de Lille  ©Gérard Conreur
La CCI de Lille © Gérard Conreur

Côté pratique :

Venant du sud, on monte dans le Nord. Alors pourquoi ne pas prendre plus de hauteur encore en escaladant le beffroi ?

Il est ouvert toute l’année du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 14h à 18h (17h de novembre à mars) ainsi que les jours fériés sauf 1er janvier, 1er mai et 25 décembre. Tarif plein : 6€ / tarif réduit : 4€ (moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d'emploi, allocataires du RSA, détenteurs du Pass Senior et du City Pass Lille Métropole, groupes à partir de 4 personnes). Gratuit pour tous les 1er et 3ème mercredis de chaque mois.
L'entrée comprend le prêt un  audio-guide en français, anglais, allemand et néerlandais et d'une paire de jumelles.

Attention : en raison de la préparation de la Grande Braderie, le beffroi est fermé du 24 août au 6 septembre inclus.

En savoir plus ? Deux sites à découvrir Site officiel de l’office de Tourisme et Lilletourism.


Gérard Conreur pour France Culture, 9 juillet 2010

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