A l’occasion du soixante-dixième anniversaire
du Débarquement, ce
film documentaire, entièrement réalisé avec
des images d’archives
remasterisées et colorisées, retrace l’opération
Overlord de sa génèse
à la bataille de Normandie.
Le film raconte l’épopée
de la plus grande opération militaire que
l’homme ait jamais conçue,
de 1943 à la Libération de Paris.
Convoquant les grandes
figures politiques et militaires du conflit, le film
évoque les coulisses, les
enjeux et les stratégies des différents
protagonistes pour gagner
la guerre. Pour mieux comprendre ce
fabuleux exploit, le film
propose une lecture à la fois géopolitique et
militaro-industrielle,
sans oublier bien sûr le point de vue des
combattants anonymes qui
viendront par milliers mourir sur les plages
normandes. Ce film a été
conçu à la fois comme un spectacle visuel et
comme un hommage aux
soldats qui se sont sacrifiés pour libérer
l’Europe.
Un film inédit écrit et réalisé par Jean-Christophe
Rosé,
raconté par
Samuel Le Bihan
Une production Kuiv-Michel Rotman
Diffusion
sur France 2 le vendredi 6 juin 2014 à 20h45
Sortie
DVD le 4 juin en exclusivité FNAC
Depuis la décision de débarquer en Normandie jusqu’à la Libération de Paris, le film
raconte une épopée qui a changé l’Histoire. Le 15 janvier
1944, le général Ike
Eisenhower arrive à Londres pour superviser les
préparatifs de l’opération Overlord, en
français «Suzerain», la reine des batailles.
Depuis l’entrée en guerre des Etats Unis en 1941, Hitler
redoutait une invasion sur les
côtes Ouest de l’Europe. Dès 1942, il ordonne la
construction d’un mur le long de
l’Atlantique de la Norvège à la frontière Espagnole.
La présence d’Eisenhower à Londres confirme Hitler dans
sa crainte d’une invasion
alliée à l’Ouest. Dès lors Hitler charge l’un de ses plus
brillants généraux, le populaire
Erwin Rommel de renforcer les défenses de la forteresse
Europe. Chez les alliés,
commence une préparation titanesque en moyens humains et
matériels. Durant tout
l’hiver les «boys» arrivent par dizaines de milliers en
Grande-Bretagne, où ils sont
soumis avec leurs camarades britanniques à des
entraînements spécifiques.
Pendant toute cette période l’Amérique continue aussi de
déverser sur le sol
britannique du matériel lourd, tandis que les alliés s‘attellent
aussi à la construction de
gigantesques ports artificiels, destinés à être remorqués
le jour J jusqu’aux côtes de
France. Pour qu’«Overlord» bénéficie de l’effet de
surprise, il est fondamental de
cacher, ou à défaut, de camoufler, cette activité
intense. Durant des semaines, les
services de renseignement alliés abreuvent l’ennemi de
fausses informations, destinées
à le leurrer sur les lieux du débarquement, en lui
suggérant que l’option «Pas de
Calais» a été retenue. Sur le sol anglais l’intoxication
aussi est de mise, à voir installer
face aux côtes du Nord de la France, de faux aérodromes
où fleurissent des avions
gonflables…
Début juin, tout est en place pour l’assaut amphibie le
plus important de l’Histoire, tout
d’abord prévu le 5 juin. Mais depuis quelques jours le
temps se gâte. Le 4 juin, alors
même que les premiers bâtiments basés dans le Nord de l’Angleterre
font route vers la
Manche, une tempête éclate. Elle oblige Eisenhower
à rappeler aux ports les bateaux
déjà partis. L’opération «Overlord» est désormais
menacée, car les mouvements déjà
initiés
risquent d’alerter les Allemands.
Pourtant, le 4 juin au soir, les prévisions météo sont un
peu moins pessimistes.
Cette nuit là, en une demi-heure Eisenhower prend une
décision qui met en jeu
le sort du monde. Ce sera le 6 juin 1944.
Dès le 5 Juin, l’énorme machine se met en marche. Le
départ des troupes par
air ou par mer est abondamment documenté par les
cameramen militaires. La
traversée et le déclenchement du bombardement naval
aussi. Ces images
filmées permettent de voir que pour les assaillants les
conditions varient de
plage à plage, et que les difficultés ne sont pas les
mêmes partout.
Au soir du 6 juin 156 000 hommes ont débarqué sur la
terre normande. Le bilan
humain de la journée est lourd –10 000 morts, blessés ou
disparus – mais moins
que prévu. Le bilan militaire est partagé. Certes les
Alliés ont établi une ligne de
front longue de 90 km, mais subsistent d’énormes brèches
dans lesquelles les
Allemands vont tenter de s’engouffrer.
«La Bataille de Normandie» qui va suivre est terrible.
Montgomery avait prédit
que Caen tomberait le 6 juin, la ville est libérée le 9
juillet. Les Alliés ont la
supériorité totale dans les airs et sur la mer et leurs
effectifs dépassent de loin
ceux de l’ennemi. Mais les Allemands d’abord surpris, par
l’attaque vont se
ressaisir. Malgré des forces diminuées, des équipements
inadéquats et une
structure de commandement byzantine, ils livrent une
résistance digne de leur
réputation et restent un ennemi redoutable. Le bilan de
la bataille de Normandie
est effroyable : Côté allié, on comptera 37 000 morts et
172 000 blessés. Côté
allemand, les chiffres sont de 50 000 tués, 80 000
blessés et 210 000 disparus.
Les pertes civiles avoisineront les 20 000 tués. Il
faudra onze semaines aux
alliés avant
d’arriver à libérer Paris et pouvoir ensuite se lancer à l’assaut de l’Allemagne
elle-même.
Note d’intention
Généralement on croit tout savoir du
débarquement de juin1944, tant il a marqué l’Histoire. Pourtant au-delà de la
geste guerrière, bien des aspects du débarquement sont souvent oubliés.
Il aura d’abord fallu plus de 2 ans à
Staline, Churchill et Roosevelt le Président des Etats-Unis pour se mettre d’accord
sur la date de cette opération. Leur accord scellé à la conférence de Téhéran
en décembre 1943, commencent les vraies difficultés, des plus prosaïques aux
plus
dramatiques.
Comment par exemple organiser la
cohabitation entre 1 500 000 jeunes gars venus de la riche Amérique avec la
population britannique alors si démunie ?
Comment préparer dans une Angleterre
exsangue, la plus gigantesque opération amphibie de l’histoire, en essayant de
tout cacher à un ennemi posté à quelques encablures à peine des côtes anglaises
?
Comment surmonter les obstacles quand
même la nature et ses intempéries vous assaillent au moment décisif ?
Sait-on qu’au matin du 6 juin devant
les difficultés rencontrées par les hommes sur la plage d’Omaha, le
commandement américain a envisagé de stopper l’offensive, alors même que la
gigantesque machine de guerre était déjà lancée à plein régime ?
Sait-on que les 1ère vagues d’assaut
ne furent jamais filmées, sauf une, dans des conditions particulières. Sait-on
ce qu’ont réellement vécu les hommes qui tenaient les caméras lors des assauts
suivants ?
Sait-on combien l’entente entre
américains et Britanniques fut soumise à rude épreuve durant toute cette
période, avant que les Britanniques n’acceptent de laisser à la toute puissance
américaine le soin de diriger la bataille finale ?
Force est de constater que des pans
entiers de ce gigantesque évènement furent souvent estompés au profit du seul
éclat de la victoire finale.
Ainsi ce film nous raconte, côté
alliés et côté allemand cette gigantesque épopée, depuis sa préparation en
Angleterre dès janvier 44, jusqu’à son aboutissement durant l’été. Avec les
généraux américains, Dwight Eisenhower… Omar Bradley… l’anglais Bernard
Montgomery… le
Premier Ministre Britannique Winston
Churchill… le Maréchal allemand Erwin Rommel… Et puis aussi bien sûr les héros
souvent anonymes qui ont fait ce débarquement…Sans oublier certains hommes tel
le sergent Grant qui l’ont filmé au péril de leur vie…
Tous ensemble ils ont participé à ce
fabuleux événement qui contrairement à la légende ne fut pas une marche
triomphante, ce qui rend sa réussite d’autant plus glorieuse.
Jean-Christophe ROSÉ
Biographie : Jean-Christophe Rosé
Documentariste passionné de sport et d’histoire,
Jean-Christophe Rosé est réalisateur depuis 1979. Il a conçu plus d’une vingtaine
de films pour la télévision dont «Fausto Coppi, une histoire d’Italie», «L’Odyssée
du coureur de fond» «Maradona, un gamin en or» ou « Hitler Mussolini, l’Opéra
des assassins». Reconnu notamment pour ses films réalisés entièrement à base d’archives,
toute sa technique et son art résident dans la qualité et le choix des images
obtenues et la capacité à les faire parler.
Le récit qui accompagne l’archive et fusionne avec elle
produit un effet de réelle vérité qui est la marque et la griffe de Jean-Christophe
Rosé.

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